2 – Notre projet

Vie associative

– Établir, ou plutôt rétablir, des relations de confiance et de coopération avec les associations, reconnaître leur rôle important dans l’animation de la vie quotidienne de Pontarlier et développer le soutien logistique de la Ville pour leurs différentes manifestations ;

– Étudier avec les associations la mise en place de structures de rencontres favorisant des échanges, de la coordination, de la complémentarité entre elles, soit sur un modèle proche de celui de l’Office municipal des sports, soit selon d’autres modalités à définir en concertation ;

– Réaffirmer la gratuité des locaux de réunions, de spectacles et autres pour les associations pontissaliennes et compléter l’offre de locaux par la rénovation de lieux existants et la création de nouveaux ;

– Organiser une Fête annuelle des associations permettant de les faire connaître des Pontissalien.nes et de mettre en valeur leurs activités ;

– Adopter une politique d’encouragement et de soutien des initiatives associatives plutôt que de chercher à prendre la place des associations.


La culture pour tous

Nous voulons remettre en valeur les éléments du patrimoine culturel de notre ville et les mettre à disposition de tous les publics. Que ce soit directement via les structures municipales ou au travers du monde associatif, la culture constitue un élément clef du lien social et devra être accessible quels que soient l’âge, la condition sociale et le lieu d’habitation.

Les moyens pour y parvenir :
– Rénover et restaurer le patrimoine architectural avec pour préoccupation principale son usage par les citoyens et leurs associations. Par exemple, la chapelle des Annonciades peut faire l’objet d’une restauration purement esthétique. Nous rechercherons une rénovation qui réduise autant que possible les coûts de chauffage et de consommation électrique et qui en améliore très fortement l’acoustique permettant d’ajouter une utilisation musicale à sa traditionnelle fonction d’exposition. Dans le même esprit nous établirons un programme pluriannuel d’investissements afin de mettre à niveau le complexe des Capucins, la salle Toussaint Louverture, le théâtre du Lavoir ou encore la chapelle Saint-Pierre.

– Redéfinir les rôles respectifs du Musée et du Château de Joux dont les modalités de fonctionnement spatiales et temporelles sont très différentes : permanence du Musée contre saisonnalité du Château par exemple.

– Créer une annexe du musée au rez-de-chaussée et probablement en sous-sol, de la Maison Chevalier afin d’y accueillir les collections d’armes et les œuvres haïtiennes non encore exposées dans le cadre d’un espace dédié à l’abolition de l’esclavage.

– Transférer dans la Maison Chevalier les collections archéologiques dans une nouvelle muséographie en les augmentant de celles actuellement conservées à Besançon et avec celles provenant des fouilles des Gravilliers, ce qui permettra de libérer l’espace du musée place d’Arçon pour lui donner une forte identité de « musée de l’image du Haut-Doubs ».

– Sortir les peintures du XIXe siècle de leur gangue de fientes d’oiseaux, (dont nous avons parlé plus haut dans « l’état des lieux ») stockées dans le clocher de l’église Saint-Bénigne, et leur trouver une place conforme à leur importance historique;

– Réaliser une médiathèque en rez-de-chaussée de l’immeuble à construire sur « l’Îlot Lallemand », qui accueillera également le service des archives. L’immeuble sera pourvu d’appartements sur plusieurs étages, contribuant à la nécessaire densification du centre-ville et à la réduction des coûts de construction de la médiathèque.

– Acquérir la chapelle des Castors et lancer une réelle concertation auprès des associations pour en définir l’utilisation, avec pour seules conditions préalables à la réflexion la mise en valeur de sa qualité architecturale et la conservation de son caractère solennel ;

– Adapter la taille du Conservatoire aux demandes et étendre progressivement l’opération « orchestre à l’école » à l’ensemble des groupes scolaires. Créer un événement annuel de valorisation de cette opération. D’une façon générale, renforcer les liens entre les écoles primaires et maternelles ainsi qu’entre les maisons de quartier et les structures municipales (musée, médiathèque, conservatoire, etc.) ;

– Créer un lieu dédié aux musiques alternatives (salle de concerts, de répétition, etc.) pour soutenir et accompagner le projet de l’association « les Arts liés » ;

– Compléter la programmation des Scènes du Haut-Doubs par des spectacles « jeune public » ;

– Procéder à la rénovation de l’orgue de Saint-Bénigne, classé monument historique ;
– Faire du Carnaval un véritable festival d’expression des maisons et associations de tous les quartiers ;

– Travailler aux côtés des organisateurs des grandes manifestations culturelles (rencontres et festivals cinématographiques, salon des Annonciades, des Amis des Arts, du Pont des Arts) afin de les ouvrir aux publics des quartiers populaires.


Le sport pour tous

– Accompagner la pratique sportive essentiellement dans ses dimensions d’éducation à la santé, à la citoyenneté et à l’estime de soi ; agir pour développer la pratique féminine dans toutes les disciplines;

– Assurer la rénovation et l’entretien des équipements de tous les clubs, que ce soit de façon quantitative ou qualitative, et notamment vérifier leur accessibilité pour les personnes en situation de handicap. Réaliser au besoin les aménagements nécessaires;

– Intégrer dans le programme de rénovation énergétique complète des bâtiments communaux ceux à usage sportif;

– Rediscuter, voire augmenter le projet de centre nautique afin d’en permettre une utilisation familiale et touristique susceptible de répondre à une demande « extra-sportive » génératrice de recettes intéressantes. Sa construction sera neutre d’un point de vue énergétique de façon à réduire considérablement les coûts de fonctionnement finaux ;

– Réaménager certains lieux propices à la pratique sportive en pleine nature comme le Théâtre forestier et particulièrement son parcours sportif à améliorer très sensiblement ;

– Développer le réseau de voies vertes pour proposer aux divers pratiquants (marcheurs, cyclistes, rollers, skieurs, randonneurs) des lieux sécurisés et agréables ;

– Accompagner réellement les clubs dans l’accueil de nouveaux pratiquants et le cas échéant dans leur montée en puissance en fonction de leurs résultats aux championnats départementaux ou régionaux ;

– Développer l’information et la formation des acteurs sportifs par la programmation de conférences et de rencontres avec des experts ;

– Augmenter la visibilité des pratiques handisport par l’organisation d’événements, compétitions, moments d’échanges, etc ;

– Soutenir et favoriser les démarches de formation et de recherche d’emploi des sportifs handisports ;

– Plutôt qu’un espace de sélection faire du sport un lieu d’accueil : compétitions nationales, stages, nouveaux publics, …

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1.4 – Une ambition sportive sans moyens à la hauteur

Le « Projet sportif de la Ville de Pontarlier 2014-2020 » présenté au Conseil municipal le 13 septembre 2018 ( ! ) , affiche comme première ambition d’accompagner l’excellence :« Soutenir la pratique de compétition et mettre en avant le sport de haut niveau pour témoigner de la culture sportive du Pontissalien » (1). On pourrait donc penser que lorsqu’un club accèderait à une division supérieure, l’accompagnement de la mairie serait à la hauteur de son ambition. Or, les subventions allouées aux clubs sportifs le sont à budget global constant. Sauf à diminuer les subventions données aux autres clubs, options non retenue évidemment, il n’est pas possible d’aider concrètement le club dans sa progression !
Si les clubs sportifs ne sont pas concernés par la tarification de la location des salles et des équipements, ce qui est une bonne chose, certains ont pu souffrir du retard pris dans la mise à niveau des gymnases notamment, ou à cause de la création toujours repoussée de sites d’entraînement.

De nouveaux équipements qui se font attendre
Le centre sportif municipal (anciennes tanneries Lagier), rue La Fontaine, est toujours occupé par plusieurs clubs : tir, pétanque, boxe. On attend d’ailleurs toujours leur relogement pour démolir le bâtiment dans le cadre général du projet de « l’Îlot Saint-Pierre »… Les choses semblent avancer pour le tir, qui devrait rejoindre le site des anciennes Poudrières, dans la plaine de l’Arlier. Cependant, aucune solution n’a été proposée aux autres clubs, notamment aux clubs boulistes, et l’on a même dû engager des travaux pour offrir enfin des vestiaires et des sanitaires dignes de ce nom pour la boxe, d’autant plus nécessaires que cette pratique s’est fortement féminisée !
Quant au canoë-kayak, il attend toujours l’aménagement du site des « Forges » pour quitter le Moulin de Morieux. Un premier projet d’aménagement a été refusé à l’architecte pour cause de dépassement de budget. Cela fait craindre qu’une fois encore on privilégie une logique comptable à la réalité des besoins et que la solution actuellement privilégiée s’avère insuffisante.

Le centre nautique
Autre « arlésienne », le projet de centre nautique transféré à la Communauté de communes a connu un nouveau rebondissement dans sa programmation avec l’annulation de la procédure d’appel d’offres. Cela retarde encore sa réalisation, mais ne remet pas en cause le fait que les finances catastrophiques de l’intercommunalité (2) n’augurent rien de bon. Elles conduisent en effet à privilégier une logique d’investissement minimal annonçant sans doute un coût de fonctionnement élevé.

(1) Page 2 du diaporama présenté en conseil municipal.
(2) Les taxes, d’habitation et sur le foncier bâti, perçues par la CCGP ont augmenté de plus de 40 % en 4 ans ! La Communauté de communes en est réduite à faire appel au mécénat pour poursuivre l’équipement du Château de Joux, selon l’article paru dans L’Est républicain du 27 décembre 2019

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1.3 – Les établissements municipaux à l’étroit et un patrimoine en danger

Le conservatoire Élie Dupont

Les travaux engagés après l’incendie du conservatoire en 2006 avaient permis d’en doubler la superficie et de mettre à disposition des professeurs et de leurs élèves des locaux de qualité pour la pratique de la musique, de la danse et du théâtre. Aujourd’hui, l’école enregistre près de 600 inscriptions tous les ans. Encourageant la pratique collective dans le domaine de la musique, le conservatoire permet le renouvellement constant des différents ensembles musicaux à caractère associatif : l’Harmonie municipale, l’Orchestre symphonique, Ariolica, Vol’ut, etc. Sortant de ses murs, le conservatoire met également ses compétences au service des écoles maternelles et primaires. En effet, afin d’assister les enseignants dans leurs activités de découverte et d’initiation à la pratique musicale, le conservatoire met à leur disposition une intervenante à raison de 420 heures annuelles. Mais c’est sans doute l’influence positive du Conservatoire à travers l’opération « Orchestre à l’école » qui devrait être amplifiée.

L’orchestre à l’école bonifie les résultats scolaires
En partenariat avec des enseignants d’une école primaire, quatre professeurs du Conservatoire dispensent aux élèves volontaires des cours d’instruments (trompette, percussions, etc.) sur le temps scolaire à raison de deux séances par semaine. Les instruments sont prêtés et l’orchestre ainsi constitué se produit en fin d’année lors d’une manifestation publique. En définitif, outre la découverte de la musique, les enseignants font aussi part, pour les élèves participants, d’une nette amélioration des résultats scolaires. Devant un tel résultat, pourquoi réserver ce dispositif à une seule classe d’une seule école tous les deux ans ?

Aujourd’hui, le Conservatoire, dont le rayonnement dépasse la seule commune de Pontarlier, est à l’étroit et ne sera pas en mesure de répondre aux sollicitations d’une population en augmentation telle qu’elle est envisagée dans le projet de Plan Local d’Urbanisme Intercommunal en cours d’élaboration. Faudra-t-il en arriver à en réduire l’accès aux personnes adultes qui y trouvent l’occasion d’une pratique musicale « pour le plaisir » au profit des enseignements visant des certifications et des diplômes ? Sans extension du Conservatoire, c’est ce qui pourrait bien arriver.


L’arlésienne médiathèque

Sans cesse annoncée, toujours repoussée, la nouvelle médiathèque ne verra le jour qu’une fois que le centre nautique sera réalisé, les finances de la CCGP ne permettant pas la conduite des deux projets en même temps. Cela se produit alors que la Ville aurait eu la possibilité d’en inscrire la réalisation dans son propre budget il y a dix ans plutôt que de vouloir absolument transférer ce dossier à la Communauté de communes aux finances exsangues. De plus, on s’est obstiné à vouloir l’installer à la place de la Maison Chevalier, dont on voulait la démolition. C’est ainsi que, le 8 décembre 2010, le conseil municipal de Pontarlier actait finalement le projet d’une médiathèque en rez-de-chaussée d’un nouvel immeuble, c’est-à-dire après avoir rasé la maison Chevalier, « point d’orgue de l’évolution de l’offre culturelle à Pontarlier » selon les dires du maire et confirmant la volonté affichée dans la Presse pontissalienne de novembre de la même année (voir image ci-dessous). En définitif, le projet se trouvant aujourd’hui dans l’impasse, il a fallu réinvestir plusieurs centaines de milliers d’euros pour rendre les locaux de la mediathéque actuelle plus fonctionnels et surtout plus accueillants. Un pis-aller en attendant !

presse pontissalienne novembre 2010
Extrait de la Presse pontissalienne de novembre 2010


Le musée sans perspective d’avenir

Contraint d’accueillir les 988 pièces de la collection d’armes du Château de Joux en grand danger de conservation, depuis 2015 le musée est amputé de deux salles où ces œuvres sont restaurées et stockées, sans toutefois être visibles par le public. On devine bien les limites que cela impose au personnel, pourtant très actif et inventif, pour rendre vivant et attractif le musée.
Cette situation n’aide pas à la redéfinition d’une nouvelle muséographie, intégrant notamment les éléments de patrimoine cachés, dont nous donnerons les exemples ci-après, certains étant certainement en grand danger. D’autre part, les œuvres achetées par la Ville, dont la dotation budgétaire équivalente en moyenne à moins de 3 500&nbsp:€ par an depuis 2014, ne risquent pas d’encombrer les réserves, où d’autres œuvres dorment déjà.

Des oeuvres cachées
Depuis décembre 2016, 75 peintures d’artistes haïtiens retraçant l’histoire de leur île dorment dans les réserves du musée, qui en a la gestion. Elles ont été données à la Communauté de communes du Grand Pontarlier en hommage à Toussaint Louverture, grande figure de l’abolition de l’esclavage, mort en captivité au Château de Joux le 7 avril 1803. Elles avaient été commandées à l’occasion de la commémoration, à Paris, des 500 ans de la « découverte » de l’Amérique par Christophe Colomb en 1492, qui débarqua en réalité aux Caraïbes et à Haïti plus précisément. Malheureusement, depuis ce don, seules quelques œuvres ont été exposées à deux reprises et l’on persiste à vouloir les exposer au Château de Joux, dans des locaux dont on ne sait toujours pas s’ils pourront satisfaire aux exigences de température et d’hygrométrie indispensables à leur bonne conservation ni s’ils pourront être accessibles aux personnes à mobilité réduite.
Il y a pire situation de conservation. En effet, sont « stockés » dans le clocher de Saint-Bénigne, depuis la rénovation de l’église en 1970 (il y a cinquante ans !) dix portraits en pied de Saints, grand format… aujourd’hui « protégés » par les fientes de pigeons… Sans être des œuvres d’un grand intérêt esthétique, ces tableaux du XIXe siècle témoignent d’une période importante de l’histoire religieuse de notre région et ne méritent sûrement pas d’être ainsi négligées.
Mentionnons aussi, sans exhaustivité, :
— la bibliothèque de Xavier Marmier : 6 000 ouvrages, dont certains rares, confiés aux bons soins de la médiathèque qui, dans les conditions actuelles de son installation, ne peut pas en assurer la mise en valeur.
— les collections de photographies de Joseph et Paul Stainacre (probablement 51 000 œuvres), en dépôt au musée dans leurs boîtes d’origine, mais dans un état de conservation critique. Beaucoup sont des témoignages irremplaçables de la vie quotidienne à Pontarlier pendant près des deux tiers du XXe siècle. Elles pourraient être rejointes par d’autres collections de photographes pontissaliens (Gigandet, Mignot, etc.) et notamment par celle de Jean Uzzeni.
les collections d’archéologie, exposées pour partie au sous-sol du musée, révélant une présence humaine sur notre territoire remontant dix mille ans en arrière (peut-être plus) restent propriétés du Service régional de l’archéologie de Bourgogne – Franche-Comté. Certaines pièces issues de fouilles dans la région de Pontarlier sont au musée de Besançon, faute de place dans notre ville. Où iront les résultats des fouilles actuelles aux Gravilliers, d’un intérêt majeur pour la période mérovingienne, si nous ne proposons aucune solution viable dans ce domaine ?

De même que l’on a voulu lier le destin de la médiathèque à celui de la Maison Chevalier, on a couplé l’avenir du musée de Pontarlier à la restructuration de l’activité au Château de Joux, ce qui en fait de parfaits symboles de l’immobilisme de la « politique culturelle » de la Ville de Pontarlier depuis 20 ans.

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