Conseil municipal du 25 mai 2021

Voici deux des sujets sur lesquels nous nous sommes exprimés (timing indiqué si vous voulez nous écouter !)

– 12’18 » : le transfert de la compétence « Mobilités » à la CCGP suite à la loi LOM : nous avons salué ce transfert qui sera l’occasion parfaite de repenser à l’échelle intercommunale un véritable plan de mobilités qui réponde à nos besoins. Au-delà des modes doux, sur lesquels Pontarlier semble miser en priorité, il nous faut aussi requestionner le réseau de transports en commun, à la fois routier et ferroviaire, mais aussi la place de la voiture en ville. Nous suivrons donc avec intérêt le lancement de cette réflexion à l’échelle de la CCGP !

– 28’32 » : Pontarlier, future « Smart city » : la municipalité envisage d’engager la Ville dans une démarche de développement de « ville intelligente ». Selon nous, l’intelligence est avant tout humaine et le numérique doit rester un outil à employer au cas par cas. Systématiser la collecte de datas n’est pas enviable, aussi bien pour des raisons éthiques qu’écologiques, car la multiplication des technologies a un coût environnemental non négligeable. Ce rejet du concept de « smart city » ne veut pas dire que nous rejetons le numérique : c’est un outil utile pour certaines choses. Nous refusons par contre de le voir comme une solution universelle et encore moins quand il se prétend écolo ou apte à faire de l’humain. Nous utilisons déjà le numérique à Pontarlier : pourquoi dans ce cas vouloir s’abonner au pack « smart city », si ce n’est pour faire de la communication ? (voir notre article à ce sujet)

Et vous, qu’en pensez-vous ?

Pour écouter le conseil : https://www.youtube.com/watch?v=hhNHz5tT58k

Conseil municipal du 12 avril 2021 : vote du budget 2021

Lundi soir, le Conseil Municipal s’est réuni pour voter le budget 2021. C’est une étape importante, car budgéter correctement un programme, c’est lui permettre ou non d’être réalisé.

Malgré une annonce qui ne nous satisfait pas entièrement, nous avons préféré nous abstenir plutôt que de voter contre.

Nous souhaitons donner une chance à certaines bonnes orientations d’être prises et par exemple :

  • Le budget voirie est renforcé, nous espérons qu’il permettra de remettre en état nombre de portions de routes, de trottoirs, de parkings qui en ont grandement besoin, notamment pour soutenir une politique en faveur du vélo, y compris en dehors des pistes cyclables.
  • Le budget concernant la mise à niveau de certains équipements dédiés à la pratique des sports est assez positif. Nous attendons bien sûr des mesures équivalentes en direction de la culture : orgue de Saint Bénigne, travaux d’acoustique dans les salles de spectacles, par exemple.
  • Nous n’aurions pas commencé notre programme de rénovation énergétique des bâtiments communaux par les capucins mais il est clair que ce bâtiment en a besoin et nous espérons que ce sera le début d’un programme ambitieux de rénovation énergétique des bâtiments communaux (1,5 M° de rénovation pour ce complexe, une première enveloppe de 500 000 € est débloquée cette année)

Cela ne nous empêche pas de relever des manques notoires d’ambition dans certains domaines :

  • Aucune action claire ne permet de diminuer fortement et durablement les charges générales de la Ville et ainsi de diminuer les dépenses de fonctionnement,
  • En matière de rénovation énergétique des bâtiments communaux, et notamment des écoles, aucun plan ambitieux, comportant des diagnostics récents et précis, fixant des priorités, aboutissant à des rénovations complètes (les seules réellement efficaces en la matière), n’est à l’étude
  • La rénovation des bâtiments du centre-ville, qui devrait être au coeur d’une politique de repeuplement de ce centre et de Pontarlier en général, n’est pas planifiée. Ces rénovations permettraient de pouvoir proposer à de nouveaux habitants les logements aujourd’hui insalubres et/ou vacants déjà présents. En plus de limiter l’étalement urbain et la bétonisation d’espaces agricoles ou naturels, ce regain de vie au centre-ville allierait développement durable et dynamisation de l’économie locale. Afin d’augmenter significativement les recettes fiscales de la ville, l’installation de nouveaux habitants est primordiale. Commençons pour cela par faire revivre l’existant.
  • La mobilité dans la ville de Pontarlier est également laissée pour compte : l’offre de transport collectif reste trop insuffisante pour s’insérer de manière fluide dans le quotidien des Pontissaliennes et des Pontissaliens et la voiture gagne donc toujours plus de terrain.

Avec cette abstention, nous avons souhaité exprimer notre attente par rapport à certains projets et à une orientation politique qui nous semble se diriger dans une direction intéressante. Nous resterons donc très vigilants à la réalisation effective des projets présents dans ce budget.

Nous avons précisé tout cela au micro pendant le conseil, si vous voulez nous réécouter : https://www.youtube.com/watch?v=4KkDMvvr-2g (à 1:07:30)

Retrouvez le billet de l’Est Républicain ici

Photo article : Est Républicain

Conseil communautaire du 4 mars 2021

PROJET ALIMENTAIRE TERRITORIAL

Le premier sujet d’importance concerne l’engagement de l’intercommunalité dans un Projet Alimentaire Territorial (PAT). Il n’aura fallu qu’un peu plus de six ans pour que le Grand-Pontarlier réagisse aux possibilités ouvertes par la loi du 13 octobre 2014, dite « d’avenir pour l’agriculture, l’alimentation et la forêt ». Constatant que « les enjeux autour de l’alimentation sont nombreux et les systèmes alimentaires territoriaux [sont] complexes avec une multitude d’acteurs qui ne partagent pas tous les mêmes intérêts et les mêmes finalités » (extrait de la délibération), la loi a donc institué les PAT, visant à « créer une synergie des acteurs sur la base d’un diagnostic partagé, autour d’orientations élaborées collectivement et à impulser des actions partenariales permettant de concrétiser ces orientations » (toujours extrait de la délibération).

Petite note d’humeur au passage : de ces citations, issues du texte de loi et reprises dans la délibération du conseil communautaire, retenons : enjeux –systèmes –territoriaux (ça, ça fait très bien !) – complexes – multitude – acteurs (très bien aussi !) – synergie (le top !) – diagnostic partagé (super top !) – élaboration collective – impulser – actions partenariales. Avec ce matériau, nous pouvons construire n’importe quel projet, y compris celui de mettre beaucoup de vent dans une chambre (des dépiutés) à air !

Concrètement, de quoi s’agit-il ? De réorganiser la production et la distribution d’aliments sur un territoire donné avec l’ambition d’assurer «à la population l’accès à une alimentation sûre, saine, diversifiée, de bonne qualité et en quantité suffisante, produite dans des conditions économiquement et socialement acceptables par tous, favorisant l’emploi, la protection de l’environnement et des paysages et contribuant à l’atténuation et à l’adaptation aux effets du changement climatique».
Cette dernière citation, également reprise dans la délibération, est extraite du Programme National pour l’Alimentation. (PNA – à défaut de nourriture on peut se gaver de sigles et acronymes divers !).
À noter que ce programme a été mis en place pour la période 2019 – 2023, faut se magner ! Le texte est un peu plus concret et notoirement plus ambitieux que le jargon de 2014. Est-ce bien un engagement dans cette voie que la communauté de communes du Grand Pontarlier a pris en répondant à un appel à projet dans le cadre de ce PNA, permettant surtout de financer un poste pour réaliser le fameux « diagnostic partagé » et élaborer un cadre stratégique pour l’avenir ?
Les élus représentant la Ville de Pontarlier membre du Groupe « Pontarlier, ville écologique et solidaire », en saluant ce début de démarche, ont rappelé qu’il ne faudrait pas que cela ne soit qu’un effet d’affichage. Connaissant la situation de l’activité agricole dans le secteur, dominée par la production de « lait à comté », et la propension à poursuivre l’urbanisation de terres agricoles, il ne faut pas minimiser les difficultés qu’il pourrait y avoir à dégager des surfaces foncières permettant l’installation de nouvelles productions ! Bien sûr, le président de la CCGP a assuré que l’engagement était fort et déterminé. Comme dit l’autre en matière d’alimentation, « ça mange pas de pain » !. À suivre…

COMPETENCE MOBILITE

Deuxième sujet d’importance : le transfert éventuel de la compétence « Organisation de la mobilité » à la communauté de communes. On peut remarquer que c’est encore l’application d’une décision nationale qui tient lieu de choix politique local. On n’allait quand même pas anticiper ! C’est « la loi LOM qui impose aux AOM de définir une politique de mobilité adaptée à leur territoire et d’en assurer le suivi et l’évaluation » En clair, LOM : Loi d’Organisation des Mobilités (24 décembre 2019) et AOM : Autorité Organisatrice de la Mobilité. Il s’agit de savoir si la CCGP se donne cette compétence ou si elle la laisse à la Région. Le code des transports (pas encore « des mobilités » ?) stipule qu’une autorité organisatrice de la mobilité « est compétente pour organiser, sur son territoire :
– des services réguliers de transport public de personnes, urbains ou non urbains ;
– des services à la demande de transport public de personnes ;
– des services de transport scolaire ;
– des services relatifs aux mobilités actives (1) (ou contribution à leur développement) ;
– des services relatifs aux usages partagés des véhicules terrestres à moteur(2) (ou contribution à leur développement) ;
– des services de mobilité solidaire. »

(1) on n’a pas encore la traduction de ce vocable, ni du reste de son probable antonyme « mobilités passives »
(2) ce qui exclut les tandems et les canoë biplaces

À l’unanimité, le conseil communautaire a approuvé « le transfert de la compétence « Organisation de la Mobilité » à la Communauté de Communes du Grand Pontarlier » (3).

(3) libellé complet de la décision, majuscules comprises
Une remarque : le dictionnaire nous apprend qu’une lettre majuscule se place au début d’une phrase ou d’un nom propre. Serions-nous donc, avec cette décision, au commencement d’une ph(r)ase de développement de la mobilité propre, donc non polluante ? On rêve…

Mobilités douces ET transports collectifs

Un rappel : lors du conseil communautaire du 27 janvier dernier, il était proposé d’adopter les éléments de cadrage de l’étude « Schéma directeur intercommunal des mobilités douces ». Les élus « Pontarlier, ville écologique et solidaire » s’étaient opposés à cette décision, estimant que la mise en œuvre d’un réseau de mobilités douces devait s’inscrire dans un schéma plus vaste, remettant « à plat » l’intégralité des modes de déplacement, et intégrant dans les alternatives au « tout-pour-l’auto » les transports collectifs. En clair, ils demandaient que soit élaboré un nouveau « plan de mobilités » (autrefois appelé « plan de circulation »).
La réponse donnée par le président pour ne pas prévoir de transports collectifs urbains était que ce n’était pas une compétence de la CCGP ! Il n’aura donc fallu qu’un peu plus d’un mois pour que cet écueil soit levé. Grande nouvelle : la communauté de communes du Grand Pontarlier a désormais la compétence pour organiser, entre autres, « des services réguliers de transport public etc… » Euh, pas tout à fait quand même.

D’une part pour que la délibération du conseil s’applique il faut que les dix communes l’adoptent également, à la majorité qualifiée(4).

Ensuite, et afin de ne pas effrayer, la délibération précise qu’une « AOM n’a pas l’obligation d’organiser l’un ou l’autre des services » détaillés plus haut. En toutes lettres : « La LOM n’impose pas aux AOM une obligation d’exercice des compétences mobilités mais les habilite simplement à s’emparer de ces différentes missions » ! Pour être complètement tranquille le président insiste sur le fait que les transports scolaires actuellement à la charge de la Région le restent. Il n’y a donc pas de risque que la mise place de transports urbains intercommunaux n’entraîne, pour leur financement, la création du « versement mobilités » (autrefois appelé « versement transports »), payé par les entreprises de plus de 10 salariés, perspective rejetée farouchement par le président.

(4) 2/3 des communes représentant plus de la moitié de la population, ou l’inverse, soit la moitié des communes représentant les 2/3 de la population. Ou peut-être autre chose. On est preneur d’une définition juridiquement certifiée.

Versement mobilités

En quoi consiste ce « versement mobilités » ? Il s’agit d’une taxe sur la masse salariale dont le taux est fixé par la collectivité locale concernée. À titre d’exemple, la communauté d’agglomération de Lons-le-Saunier a fixé un taux de 0,35%, tandis que Dole ou Vesoul sont à 0,6%, Besançon et Montbéliard à 1,8%. Pour paraphraser l’expression populaire « point d’argent, point de suisse » (5) : « point de taxe, point de transports ».

(5) Expression reprise par Racine dans « Les plaideurs »

LIGNES DIRECTRICES DE GESTION

Troisième dossier consistant : la présentation des « Lignes directrices de gestion ». Encore la mise en application d’une obligation nationale énoncée dans la loi du 6 août 2019 dite de « Transformation de la fonction publique ». Ces Lignes directrices de gestion « déterminent la stratégie pluriannuelle de pilotage des ressources humaines dans chaque collectivité ». Discutées avec les représentants du personnel elles constituent un cadre donnant de la clarté et de la visibilité, notamment pour les parcours professionnels des agents, et les conditions d’avancement et de promotion. Outil de dialogue social pour les trois collectivités, Ville de Pontarlier, Communauté de communes et Centre communal d’action social, les lignes directrices de gestion feront l’objet d’évaluation et de réajustement au sein des différentes instances de représentation du personnel. Rien de particulier à en dire dans l’immédiat.

LA VIE DU CHATEAU

Plusieurs délibérations ont concernées le château de Joux, particulièrement en vue de l’organisation des animations et spectacles de la saison d’été que l’on espère possibles ! Une convention cependant a posé problème aux élu.e.s « Pontarlier, ville écologique et solidaire ». Il s’agit de la participation de la Fondation du patrimoine, alimentée comme on le sait par un loto spécial, pour 100 000 € dans la réfection de quelques éléments du château, notamment les ponts-levis. Cette subvention est couplée avec un « mécénat » de la compagnie d’assurance AXA. Les élu.e.s « Pontarlier, ville écologique et solidaire » ont proposé de refuser cette subvention en rappelant l’attitude de l’assureur vis-à-vis de nombreux restaurateurs touchés par la crise sanitaire à  qui elle refuse le paiement d’indemnités pour perte d’exploitation. Des restaurateurs d’Annecy, Marseille, Lille, Mont-de-Marsan ont engagé des procès pour obtenir gain de cause. Si l’on considère que les restaurants sont des structures participant à la vie touristique il paraît incongru, voire inconvenant, de voir associé le fleuron du tourisme de la CCGP à une firme qui les respecte peu. La proposition a fait réagir le président avec sa mesure habituelle, insistant sur la nécessité de distinguer la vie nationale et la politique locale. En gros, du moment qu’il y a du blé, il faut le prendre quelle qu’en soit la provenance ! Les laborieuses explications du vice-président chargé de l’économie tentant de convaincre  que « les contrats d’assurances, c’est compliqué » achevaient de redonner à AXA sa pureté légendaire. L’assemblée n’a pas suivi la proposition de refus soutenue par seulement 3 voix. On peut lire par ailleurs une analyse édifiante de la convention qui lie désormais la CCGP et la Fondation du patrimoine.