Quel avenir pour notre forêt ?

octobre 2021, modifié 21 juin 2022

La forêt couvre la moitié du territoire de la commune de Pontarlier, soit environ 20 km2 (2 000 ha). Un peu plus de la moitié de cette superficie, soit 1 055 ha, est propriété de la Ville. La législation française impose que les forêts publiques soient gérées selon un ensemble de règles regroupées dans ce qu’il est convenu d’appeler « régime forestier ». Parmi ces règles figure l’obligation de définir un « plan d’aménagement », c’est-à-dire d’inscrire dans un texte les prévisions de gestion pour les 15 à 20 ans à venir. Un nouveau plan de gestion doit d’ici peu être adopté pour la forêt pontissalienne et son élaboration doit se faire en collaboration entre la Ville et l’Office national des forêts (ONF), organisme public seul habilité à gérer les forêts publiques.

Le contexte de grande souffrance des forêts en général, et de celle de Pontarlier en particulier, rend difficile une projection sur 15 à 20 ans. Les très grandes incertitudes concernant les conséquences du réchauffement climatique sur l’évolution des forêts à long terme compliquent, voire rendent hasardeux, les exercices de prévisions, et donc de planification.

Dans le but d’éclairer tou.te.s les membres du conseil municipal sur ces enjeux, une rencontre avec les agents de l’ONF a été organisée le 18 janvier 2021 à l’espace Pourny. Réunion utile au cours de laquelle les élu.e.s « Pontarlier, ville écologique et solidaire » ont pu exposer leur vision du rôle de la forêt et insister notamment sur les impératifs de sa « gestion patrimoniale ».
 

On parle de « gestion patrimoniale » de la forêt…

lorsque les actions de gestion planifiées ne recherchent pas forcément une rentabilité financière immédiate, mais plutôt une rentabilité durable.

État des lieux

Composée à 42 % de sapins et à 40 % d’épicéas, notre forêt de moyenne montagne est essentiellement peuplée de résineux. Le hêtre est présent pour 14 % et les autres feuillus (tilleuls, érables sycomores, frênes,etc.) se partagent les 4 % restants. Il faut distinguer deux types de peuplements pour les résineux : les peuplements dits « réguliers » constitués d’arbres de même âge issus de régénérations naturelles (les arbres se re-sèment tout seuls) et de plantations par l’homme, particulièrement d’épicéas. Ces peuplements couvrent encore 60% de la forêt communale, soit 636 hectares. Pour 412 hectares, il s’agit de peuplements « non mûrs » c’est-à-dire constitués d’arbres encore jeunes. Les 224 autres hectares, considérés comme « mûrs », concernent des peuplements devant être régénérés dans les 20 ans à venir

Actuellement, la forêt traverse elle aussi une crise sanitaire. Due aux scolytes* pour les épicéas et au dépérissement suite aux sécheresses pour les sapins, cette crise montre bien les limites des peuplements sylvicoles  réguliers : les parasites et les maladies s’y propagent facilement, la forêt n’offrant pas la résilience nécessaire pour y résister. Un des enjeux majeurs de la gestion à venir est de remplacer progressivement ces peuplements réguliers par des espèces diversifiées, dans leurs essences et leurs âges, à la fois en laissant s’opérer une régénération naturelle et en pratiquant des plantations volontaires de façon à obtenir à terme une forêt « irrégulière . Modifier la structure d’un peuplement impose donc de se projeter sur un temps long. Or, le réchauffement climatique fait peser une grande incertitude sur les choix à faire dès maintenant, particulièrement

  Épicéas atteints par des scolytes. Photos HDCES, Laveron, 19 octobre 2022

concernant les nouvelles essences à installer ou à laisser venir naturellement, dans l’espoir qu’elles correspondront aux conditions climatiques de 2070 et au-delà. Dans cette perspective d’une hausse des températures, le hêtre, le tilleul, l’érable sycomore, déjà présents, seront à favoriser avec des compléments de plantations d’essences diversifiées comme le mélèze des Hautes-Alpes et d’autres essences plus méditerranéennes. Quant aux sapins et aux épicéas, dont on sait que ce sont les essences les plus menacées par le réchauffement climatique, ils ne seront alors plus adaptés au climat du Haut-Doubs et dépériront petit à petit.

*scolytes : quelques fois appelés chez nous « bostryches », ce sont des insectes coléoptères parasites qui pondent leurs œufs sous l’écorce et dont les larves consomment la partie vivante de l’arbre, à l’abri des regards, ce qui rend très difficile leur détection avant que l’arbre ne montre des signes de dépérissement.

L'impact économique des atteintes sanitaires

En prenant de l’âge, les arbres augmentent en volume, provoquant mécaniquement un accroissement du volume de la forêt à superficie égale. C’est cette augmentation que l’on nomme « production biologique » et qui s’élève environ à 8 000 m3 pour l’ensemble de notre forêt communale. C’est dans cette marge qu’il est possible de prélever du bois à vendre sans épuiser la forêt, c’est-à-dire sans prélever plus qu’elle ne produit naturellement en une année. Il est toutefois possible, certaines années et pour des besoins clairement identifiés de gestion sylvicole, d’opérer des coupes plus importantes. Cela fait l’objet, sur proposition de l’ONF, d’une décision du conseil municipal dans le cadre du « plan d’aménagement pluriannuel » ou d’un programme de coupes annuel. Cette éventualité doit

Route forestière pour le transport des grumes. Larmont, 6 juin 2014. Photo HDCES

être limitée dans le temps afin de conserver le patrimoine forestier.  Tous les ans, avec les services de l’ONF, le conseil municipal décide quel volume sera mis en vente, mais aussi quelles seront les parcelles concernées par les prélèvements et les types d’arbres à couper (« gros bois », bois plus jeunes, chablis, etc.)

Les chablis sont également appelés « produits accidentels ». Ce sont des arbres que l’on n’avait pas envisagé de couper, mais que l’on est contraint de prélever, soit parce qu’ils sont tombés sous l’effet de tempêtes ou de problèmes sanitaires soit parce qu’il faut intervenir pour prévenir leur chute. On comprend qu’aujourd’hui, avec la crise des scolytes et les sapins qui sèchent, le volume de ces produits accidentels est considérable. Même si les qualités mécaniques des bois ne sont pas altérées par le dépérissement quand les arbres malades sont enlevés rapidement, la valeur marchande de ces bois est faible et leur arrivée massive sur le marché du bois a provoqué un effondrement des cours en 2019 et 2020. Dans le cas des forêts communales, cet effondrement peut avoir des conséquences importantes sur les budgets communaux. Pour Remoray-Boujeons et Fourcatier-et-Maison-Neuve, par exemple, les revenus de la forêt représentaient, en 2018, plus de 40 % des recettes budgétaires1. On imagine les difficultés dans lesquelles ces communes se trouvent actuellement pour boucler leur budget !

Pour Pontarlier, l’impact est faible. Le bénéfice tiré par les ventes annuelles était, avant la crise, de l’ordre de 300 000 €. Cela représente environ 1 % des recettes de fonctionnement du budget principal de la Ville, c’est-à-dire les recettes régulières liées au fonctionnement de la commune.

C’est pourquoi la fédération des communes forestières du Doubs (COFOR) et la direction de l’agence de Besançon de l’ONF ont recommandé de réduire fortement la mise sur le marché de bois « verts » afin de permettre l’écoulement à des tarifs moins catastrophiques des « produits accidentels ». Ce principe a déjà été adopté pour Pontarlier, qui a réduit en 2020 et 2021 son programme de coupe de 50 à 60%.

Une filière économique fortement impactée

Les communes ne sont pas les seules affectées par cette crise. C’est tout une filière en aval de la production forestière qui est concernée : les scieurs et les différentes industries de transformation (bois d’œuvre, ameublement, etc.) et ce d’autant plus que cette crise ne semble pas vouloir être passagère, comme le furent les tempêtes de 1999. Les atteintes à la santé de nos forêts vont vraisemblablement se reproduire d’années en années, même si l’ONF envisage un « retour à une certaine normalité » à partir de 2025 pour les scolytes.

C’est en prenant conscience de cela que les élu.es du collectif « Pontarlier, ville écologique et solidaire » ont préconisé que les réflexions associent l’ensemble des acteur.ices, propriétaires privés, exploitant.es, scieur.euses, industriel.le.s de la transformation, distributeur.ices finaux, afin d’élaborer une nouvelle        stratégie d’exploitation des ressources sylvicoles fondée sur l’offre potentielle, plus en phase avec ce que les forêts peuvent et pourront produire.

Un rapport parlementaire allant dans ce sens a d’ailleurs été produit en juillet 2020 par la députée du Nord Anne-Laure Cattelot* : il insiste sur la nécessaire « adaptation de l’industrie forestière aux mutations de la forêt » (p.64). Pour cela, il faut évidemment que l’on développe l’utilisation locale du bois, notamment dans la construction. Les collectivités locales, dans le cadre de leurs plans d’urbanisme (PLU, SCOT, etc.) et par leur pratique des marchés publics, peuvent être pilote dans ce domaine.

*La forêt et la filière bois à la croisée des chemins : l’arbre des possibles, Anne-Laure Cattelot, députée du Nord, Rapport à la Commission du Développement durable, Assemblée nationale, juillet 2020, téléchargeable en pdf depuis le site de la Fédération nationale des communes forestières : http://www.fncofor.fr/rapport-cattelot-foret-filiere-bois-communes-forestieres-a-unisson-4_3193.php

Notre forêt a évolué en fonction de nos besoins

 
 
Tant que le moyen de chauffage principal des foyers était le bois, le hêtre avait une belle place dans la forêt pontissalienne, car c’est un très bon combustible.
 
 
À partir du 19ème siècle, les besoins en bois de construction augmentent avec l’urbanisation. Le hêtre n’étant pas un bon bois d’œuvre, c’est à cette époque que les résineux ont été privilégiés : pousse rapide, bonne qualité en tant que bois d’œuvre, ils étaient tout indiqués pour être sélectionnés !
 
 
2021 : c’est l’écologie de la forêt qui doit maintenant commander nos utilisations !
 
 
 
 

Les quatre fonctions de la forêt

La fonction économique

Déjà évoquée précédemment, cette fonction a longtemps été privilégiée. Fournissant du bois pour les constructions d’immeubles et de navires, elle a aussi procuré de l’énergie pour le chauffage domestique et du charbon pour les industries jusqu’au XIXe siècle, quand le « charbon de terre » a remplacé celui dit « de bois ».  Si la prééminence du pétrole puis du gaz ont un temps relégué le bois dans une fonction très secondaire en matière d’énergie, sa caractéristique « renouvelable » le remet aujourd’hui sur le devant de la scène sous l’appellation « bois-énergie ».

Ainsi que le note l’ONF : « Produire du bois dans le respect de l’accroissement naturel des forêts, c’est agir au service d’une économie locale et pour le maintien et la création d’emplois ruraux non délocalisables. C’est aussi prendre pleinement part au défi de la transition écologique.

Matériau écologique et renouvelable, le bois s’impose aujourd’hui comme le matériau du 21ème siècle et propose une alternative aux énergies fossiles. Bois construction, tonnellerie, développement des procédés de chimie verte, bois-énergie… Autant de secteurs dans lesquels l’utilisation du bois se révèle un atout incontournable pour contribuer à une attractivité économique durable des territoires. »1

Pavillon de la France, Milan 2015 – Réalisé par l’entreprise Simonin à Montlebon

En effet, l’impact de la filière forêt-bois sur l’emploi ne peut être négligé. L’association des communes forestières de Bourgogne Franche-Comté estime qu’elle représente 20 000 emplois directs dans 5 000 entreprises. À titre de comparaison, l’agroalimentaire compte 27 900 emplois répartis dans 2 800 entreprises.2

1 http://www1.onf.fr/gestion_durable/++oid++5e0b/@@display_advise.html
2https://www.communesforestieres-bourgognefranchecomte.fr/foret-et-bois/page-16-la-filiere-foret-bois-en-bourgogne-franchecomte
La filière automobile compte 45 000 emplois en Bourgogne / Franche-Comté, selon la Préfecture de région (https://bourgogne-franche-comte.dreets.gouv.fr/La-filiere-automobile-en-Bourgogne-Franche-Comte)

Que penser du bois-énergie ?

 

Le bois est actuellement, au niveau national, la première filière productrice de chaleur renouvelable en France avec une part d’environ 70 %. (source : https://fibois-bfc.fr/sites/default/files/documents/2019.05.Questions_Re%CC%81ponses_Bois_e%CC%81nergie__SER.pdf). La tentation est grande d’en augmenter l’usage, y compris pour la production d’électricité.  

Le bois est utilisé pour le chauffage par les particuliers essentiellement sous forme de bûches et de granulés, et en plaquettes forestières par les chaufferies collectives et industrielles, qui peuvent co-générer chaleur et électricité.

À condition de rester, pour tous les usages du bois, à des prélèvements dans les limites de l’accroissement naturel du volume forestier, ses propriétés « renouvelables » en font un instrument idéal dans la transition énergétique.

La vigilance est toutefois de mise. La première destination de la production de bois est la fourniture de « bois d’œuvre » (charpente, menuiserie, ébénisterie, …). C’est aussi la plus rémunératrice. C’est celle qui doit rester privilégiée particulièrement dans la perspective d’une plus grande utilisation du bois dans la construction à des fins énergétiques. Le bois, en vue de la production d’énergie, doit rester cantonné à des sous-produits de l’exploitation principale. Il est hors de question de destiner une forêt à la seule production de bois-énergie !

De quels sous-produits parle-t-on ? Il s’agit pour l’essentiel des branches, appelées « houppier » lorsqu’elles constituent la couronne sommitale des arbres. Laissées sur le sol dans la forêt elles sont indispensables à la production de matière organique « nourrissant » le sol. Une partie de ces branches peuvent être prélevées en vue de la fourniture de bois-énergie. Mais il faut se fixer la règle qu’il ne faut pas que les différentes utilisations du bois entrent en concurrence. D’autant que de nouveaux usages peuvent voir le jour. Ainsi les arbres isolés produisent des quantités importantes de houppiers. L’idée a vu le jour de broyer ces branches et de les mélanger avec du lisier produit par l’élevage laitier en vue d’obtenir un compost de bonne qualité. Cette solution aurait le mérite de réduire fortement la pollution des sols par les nitrates.

Ainsi donc, la production d’énergie par l’utilisation du bois devrait rester marginale, au sens de « à la marge » des autres usages. Le pire serait évidemment d’arriver à un niveau d’équipements de production de chaleur par le bois tel qu’il faille en importer pour couvrir les besoins. La solution au confort thermique des bâtiments réside, avant tout, dans leur isolation, c’est-à-dire la réduction drastique des besoins.

La fonction écologique

Si la production de bois est une fonctionnalité importante de la forêt, elle n’est pas la seule. Formidable source et réservoir de biodiversité, elle abrite un nombre considérable d’espèces végétales et animales, pour peu bien sûr que les peuplements installés par l’Homme n’en stoppent pas l’expression.  Avec les océans, les forêts sont les principaux puits de captage du dioxyde de carbone. La forêt joue également un rôle dans la régulation du  cycle de l’eau. Contrairement à une affirmation trompeuse circulant au début de l’année 2018 selon laquelle la forêt serait responsable des sécheresses*, il est utile de rappeler que si la forêt capte une quantité importante d’eau (20 à 30 % des précipitations en France) elle en restitue une grande partie. En effet,  selon les espèces, entre 42 et 72 % de l’eau captée sont rendus à l’atmosphère au moyen de l’évapotranspiration (oui, les arbres transpirent !) La végétation et les sols de la forêt jouent par ailleurs un rôle d’éponge qui filtre l’eau et la restitue lentement au réseau hydrologique souterrain. Enfin, sa nature ombragée participe au rafraîchissement de l’air.

*La forêt à l’origine des sécheresses et des pollutions du Haut-Doubs ?,  La Presse pontissalienne, janvier 2018, page 17

Le sol forestier

« On réduit souvent le sol à une fonction de support de la vie végétale et animale. Outre qu’il retient l’eau, stocke les substances nutritives et constitue l’habitat d’organismes vivants et joue un rôle de puits de carbone, le sol présente un fonctionnement analogue à celui d’un organisme vivant. Il respire (consomme de l’oxygène), régule sa température, digère la matière organique, fait circuler l’eau et stocke les réserves (humus, argile). Le sol est le capital santé des arbres. Fragile, il doit être protégé. » (extrait de « Le sol forestier », plaquette du Centre national de la propriété forestière, 2015, page 9).

Concernant le rôle éminent des champignons, dont on ne connaît, et prélève quelquefois, que quelques rares excroissances,  dans le fonctionnement des sols on peut se référer au passionnant ouvrage de Francis Martin, responsable de laboratoire à l’INRA de Nancy, intitulé « Sous la forêt, pour survivre il faut des alliés », Éditions HumenSciences, Paris 2019

L’eau et la forêt

Voilà 150 ans qu’il est démontré que le rôle de la forêt est fondamental dans la régulation des grands cycles de l’eau, suite à la mise en place des premières lois de restauration des terrains en montagnes dans les années 1880-1890, pour répondre aux grandes inondations dans les villes, dont Lyon, conséquences des immenses déforestations en zones de montagnes, Alpes du Nord, Alpes de Haute Provence, Massif Central, notamment.

Ces lois ont obligé à reboiser des versants entiers de montagnes, le rôle de la forêt étant reconnu comme enjeux majeur de protection, mesure de protection intégrée systématiquement depuis, dans les plans de gestion de chaque forêt publique

Le rôle social de la forêt

Les promenades en forêt, les activités à caractère sportif de loisir ou de compétition, offrent aux citoyen.nes de plus en plus citadin.es des moments de respiration, voire de ressourcement.

L’ONF estime ainsi que les forêts françaises reçoivent près de 700 millions de visites par an. En outre, le rôle paysager de la forêt contribue à façonner le sentiment d’appartenance à un « pays ». En cette période de crise sanitaire et de confinement, les bois environnant les villes offrent bien évidemment des espaces de liberté bienvenus. À ces usages sportifs et de loisir, il faut ajouter aujourd’hui une fonction éducative, particulièrement pour les scolaires, et sanitaire grâce notamment aux « parcours de santé ».

Promenons-nous dans les bois !

 

L’accueil du public en forêt est désormais considéré comme une fonction à part entière. Cela nécessite qu’il soit organisé de façon à ne pas le mettre en concurrence avec les autres usages. Cela veut dire que des zones spécialement prévues pour cet accueil font l’objet d’un traitement sylvicole spécifique. Par exemple on évitera d’y laisser les branches et arbres morts afin de faciliter la promenade. Dans les autres zones, en contrepartie, on fera en sorte que la fonction écologique, et particulièrement la régénération des sols puisse s’effectuer avec le moins de gêne possible.

Concernant certains chemins et sentiers d’apparence non entretenus, ils ont été créés lors des coupes de bois pour les besoins du débardage. Ce sont les mêmes qui sont réutilisés pour les nouvelles coupes (tous les 7 ans environ) afin de limiter le compactage des sols lors des passages d’engins. Ils n’ont donc pas vocation à être empruntés par le public

Le bois mort héberge près de 25 % de la biodiversité forestière, dont des espèces rares

Sa décomposition permet le retour des minéraux dans le sol, nécessaire à la bonne santé des arbres.

Protection contre les risques naturels

La couverture que la forêt procure réduit considérablement l’érosion des sols. Elle les stabilise, particulièrement dans les zones littorales, en fixant les dunes, mais aussi en atténuant les risques d’éboulis et d’avalanches en montage. Sans que cela soit très visible, sa capacité de rétention d’eau contribue également à limiter les risques d’inondation

Les enjeux, les choix

Les incertitudes liées au réchauffement climatique, que le dernier rapport du GIEC (à consulter sur le site de l’Intergovernmental Panel on Climate Change (IPCC), https://www.ipcc.ch/languages-2/francais/) annonce plus alarmant que ne le faisait le précédent, rendent toute prévision extrêmement hasardeuses, et pourtant nécessaires.

Les décisions à prendre sont de deux types : celles dont les conséquences sont immédiates ou, pour le moins, proches, et celles dont les effets ne se produiront que dans le temps long, voire très long.

La crise sanitaire et ses effets immédiats

Confrontés à des atteintes violentes (scolytes pour les épicéas, dépérissement pour les sapins, qui s’ajoutent au développement de divers autres dégâts comme la chalarose qui menace les frênes), les propriétaires de parcelles forestières sont contraints d’intervenir pour tenter de limiter la prolifération des maladies et des parasites en prélevant sans délais les arbres atteints, quitte à procéder à des « coupes rases » dites « sanitaires ». Tout ceci nuit souvent à la qualité des paysages et multiplie les risques pour la sécurité des usager.es de la forêt.

La conséquence la plus visible de ces coupes rases a été l’abondance de bois sur le marché actuel et donc un effondrement des cours. Pourtant, la situation à l’échelle mondiale est paradoxale, car on signale, dans certaines contrées, une pénurie de bois ! Ces annonces entraînent une augmentation des prix, notamment dans le cas des achats de chêne, principalement effectués par la Chine sur les propriétés privées à des tarifs relativement élevés qui obligent les acheteurs français à surenchérir.  Or, cette surenchère a des conséquences sur les utilisateur.ices finaux, particulièrement dans le domaine de la construction où il est très difficile d’établir des devis fermes et définitifs tant que les entreprises ne connaissent pas le coût prévisionnel du bois d’œuvre ! Par ailleurs, les pays confrontés aux giga-feux, comme les États-Unis, cherchent eux aussi à importer du bois en grande quantité, mais à des prix les plus bas possible. Les artisan.es et constructeur.ices français ont donc beaucoup de mal à se projeter pour leurs client.es sur un marché du bois aussi perturbé par les acheteur.euses chinois.es. En réaction à tout cela, la fédération nationale du bois a invité les propriétaires de forêts privées à emboîter le pas à la forêt publique afin de garantir la priorité aux scieries françaises et européennes quant à l’approvisionnement en chêne.

Au niveau local, une solution pour contenir l’effondrement des prix a été de solliciter des communes pour qu’elles réduisent leurs prélèvements et ainsi la quantité de bois disponible sur le marché. En effet, plus la quantité disponible diminue, plus le bois prend de la valeur et peut se vendre à bon prix. Cela a fait l’objet en octobre 2020 d’un courrier conjoint de l’association des communes forestières du Doubs et de l’agence ONF de Besançon. Pourtant, comme signalé plus haut, cette solution constitue des manques à gagner considérables pour certaines collectivités.

Une autre conséquence, plus pernicieuse, doit aussi être prise en compte. Les arbres verts que l’on ne prélève pas aujourd’hui dans le cadre d’une gestion classique risquent eux aussi d’être atteints par les scolytes ou de sécher et ainsi d’avoir perdu de leur valeur le jour où ils seront coupés !

À Pontarlier, l’évolution de la propagation des scolytes impose de modifier sans cesse les prévisions de prélèvements pour privilégier la commercialisation des produits accidentels, les chablis, et renoncer à d’autres coupes plus rentables. Il est en effet très difficile pour les équipes de l’ONF de repérer la présence de scolytes avant la mort des arbres et il est du devoir de la Ville d’évacuer en priorité les arbres touchés pour des raisons de sécurité. Il n’y a donc aujourd’hui pas d’autres solutions qu’une navigation « à vue », au plus près de l’évolution sanitaire, en renonçant à un gain potentiel pour le budget de la commune. Il reste à chercher à ce que les produits des ventes couvrent a minima les frais d’exploitation et de commercialisation tout en visant une revalorisation conséquente des revenus de certaines professions, tout particulièrement les bucheron.nes et les débardeur.euses, dont les effectifs baissent faute d’attrait financier suffisant pour compenser la dureté et la dangerosité du travail.

L'adaptation des peuplements à long terme,
ce que la nature offrira,
ce que l'homme doit - et peut- faire

Par quoi remplacer les essences que l’on sait dès aujourd’hui susceptibles de disparation ? C’est maintenant qu’il faut faire des choix dont on ne connaîtra la pertinence que dans 50 ou 100 ans ! Cette perspective ne doit pourtant pas créer d’angoisse ; il y aura toujours de la forêt de par chez nous. Dans le pire des cas, la nature se chargera de remplacer elle-même les arbres devenus incapables de survivre. On sait que le sapin et l’épicéa sont les espèces les plus menacées par le réchauffement climatique. La question est d’essayer de savoir de quoi sera composée cette nouvelle forêt et comment seront remplies les quatre fonctionnalités évoquées plus haut.

Le rôle social demeurera probablement, même si le vert des paysages ne sera plus celui des sapins et des épicéas. En revanche, les trois autres fonctions risquent d’être fortement impactées. La prévention des catastrophes n’est pas garantie, d’autant que la forêt, soumise à des sécheresses intenses et peuplée d’essences « inflammables », peut devenir elle-même source de catastrophe. La fonction économique, quant à elle, devra s’adapter pour tenir compte de ce que la forêt fournira localement. Terminé les charpentes en sapins et le bois d’œuvre en épicéas! En parallèle à cela, les besoins en bois seront possiblement plus importants qu’aujourd’hui. L’introduction grandissante de ce matériau dans la construction par exemple, devrait se poursuivre tant les bénéfices en matière de captation du carbone, entre autres, ne sont plus à démontrer. Le chêne remplacera-t-il les résineux comme en plaine ?

  La forêt s’accommode du relief karstique. Bois de la Motte, 6 juin 2014 .
 

Face à ces changements, ce sera bien aux différents intervenants dans la transformation de ces bois de s’adapter et les évolutions des peuplements seront suffisamment lentes, malgré tout, pour que cette adaptation soit possible. En revanche, ce qui peut favoriser cette mutation, c’est la mise en synergie de tous.tes les acteur.ices : propriétaires, publics et privés, entreprises de travaux forestiers, scieur.euses, acteur.ices de la deuxième transformation. Le rôle possible d’une collectivité territoriale comme la Ville de Pontarlier, compte tenu du poids qu’elle représente avec ses 1 065 hectares, est de favoriser, de promouvoir même cette synergie.

En dernier lieu, on voit bien que c’est de la fonction écologique de la forêt dont dépend la pérennité des autres fonctionnalités. Une solution, quelquefois légitimement avancée, serait de laisser faire la nature pour laisser cet écosystème forestier s’adapter aux changements à venir. Il est vrai que certaines essences, comme le sapin, se re-sèment facilement toutes seules. On peut donc espérer qu’une auto-adaptation conduira à une évolution résiliente naturelle. L’activité humaine n’aurait plus qu’à suivre ! Reste à imaginer dans ce cas que les productions naturelles conserveraient un intérêt économique et même social. Des espèces dominantes pourraient peut-être même réduire la diversité des essences. C’est un scénario envisageable, cependant il nous semble que l’Homme ayant un jour commencé à intervenir dans les forêts, il doit continuer à le faire, mais à le faire différemment, en tirant des leçons des conséquences actuelles des erreurs passées en matière de gestion forestière. Aujourd’hui, l’enjeu consiste à diversifier les essences feuillues (hêtre, érable, tilleul) et résineuses plus méditerranéennes et à changer de modes de peuplements. En effet, on sait maintenant que les forêts gérées en futaie irrégulières ou jardinées résistent mieux aux maladies et aux parasites. Même si le dépérissement lié aux sécheresses ne les épargne pas nécessairement, une diversité d’essences et d’âges liée à une richesse de sous-bois est aujourd’hui un choix de sylviculture robuste. En revanche, si ce choix n’est pas retenu et que l’Homme ne propose pas de nouvelles plantations, au moins doit-il intervenir pour permettre à la lumière de jouer pleinement son rôle dans le développement de cette diversité. En effet, en l’absence de toute intervention, il est à redouter que les plus grands arbres captent toute la lumière et empêchent aux plus jeunes de pousser et d’assurer la relève. Des prélèvements sont donc nécessaires en tenant compte du nouveau contexte.

Parmi les interventions humaines en forêt la chasse reste un domaine très controversé. En l’absence de prédateurs naturels des grands mammifères, particulièrement le cerf, il apparaît nécessaire, pour en réguler la population, d’en « prélever » de façon régulière. Il est exact que les dégâts qu’il peut provoquer, notamment sur les jeunes arbres, peuvent mettre en péril l’équilibre et la bonne santé des écosystèmes forestiers où ils sont présents. (https://www.onf.fr/onf/+/5a4::cerfs-chevreuils-sangliers-trop-de-grand-gibier-nuit-aux-forets.html) La chasse apparaît donc comme un moyen de cette régulation. Le poids des fédérations de chasseurs est susceptible d’avoir baissé depuis le 1er janvier 2020, et la création de l’Office Français de la Biodiversité, établissement public regroupant l’Agence française pour la biodiversité et l’Office national de la chasse et de la faune sauvage. Il faut souhaiter que cet office parvienne à imposer un usage partagé des espaces forestiers (journées de tranquillité ?) et conduise à une meilleure gestion cynégétique, par exemple par la suppression du nourrissage des bêtes sauvages, notamment l’agrainage des sangliers. À défaut d’une régulation naturelle de certaines espèces d’animaux, la chasse peut y contribuer à condition qu’elle soit plus respectueuse de la nature.

Selon nous, il reste enfin à tester, avec mesure, de nouvelles essences que l’on pense plus résilientes. Faisons confiance aux scientifiques et aux technicien.nes et, pourquoi pas, proposons notre participation à des programmes de recherches dans ces domaines.

Conclusion ... provisoire

Bien que fournie, cette contribution sur l’avenir de nos forêts est forcément incomplète. Nous restons ouvert.es à toutes critiques et propositions nous permettant de la faire évoluer. En tout état de cause, l’association « Haut-Doubs Citoyen, Écologique et Solidaire » accompagne et soutient les élu.es du Groupe Pontarlier, ville écologique et solidaire, dans la recherche des meilleures solutions face à des enjeux aussi critiques.

Il serait grandement préférable que les générations à venir ne soient pas confrontées à des choix drastiques et dramatiques liés aux décisions que nous prenons aujourd’hui. Il convient donc de faire des choix sans cesse réévalués, susceptibles d’être rapportés à tout moment, année après année, misant sur une intelligence collective associant le plus d’acteur.ices possibles, avec pour fil rouge la diversité biologique des bois et forêts. Ainsi, les générations qui nous suivent pourront s’inscrire dans une continuité sur un temps long, ce que la nature sait très bien faire, et ce que nous sommes invités à apprendre à faire.

Rencontres autour de l’aide à domicile

Le 26 mars 2021, le collectif national « La force invisible des aides à domicile » s’arrête à Pontarlier. L’association Haut-Doubs Citoyen Écologique et Solidaire les a rencontré dans un local de citoyen-nes engagés, la Ville n’ayant pu les accueillir.

C’est quoi ce collectif ?

Ce collectif national est composé de groupes de travail régionaux. L’objectif de ces femmes courageuses, pleines de bon sens et fières de leur profession est de parcourir la France pour devenir VISIBLES en communiquant sur leur métier (essentiellement féminin). Regroupées sous la dénomination « Services à la personne », elles travaillent dans les mêmes conditions de travail à domicile, qu’elles soient aides à domicile, auxiliaires de vie sociale, assistantes de vie, auxiliaires familiale.

Comment accède-t-on à ces métiers ?

 Le diplôme d’État d’accompagnant éducatif et social (DEAES), de niveau CAP, est le premier niveau de qualification des métiers de l’aide à domicile. Ce nouveau diplôme remplace, depuis 2016, le diplôme d’État d’auxiliaire de vie sociale (DEAVS) et le diplôme d’État d’aide médico-psycologique (DEAMP). Après quelques années d’expériences et une formation professionnelle, l’aide à domicile ou auxiliaire de vie peut devenir technicienne d’intervention sociale et familiale (TISF), aide médico-psychologique, aide-soignante.

Quelles sont les nuances entre auxiliaire de vie et auxiliaire de vie sociale ?

 L’auxiliaire de vie apporte son aide aux personnes fragilisées, dépendantes, ayant des difficultés passagères dues à l’âge, à une maladie, à un handicap ou à des difficultés sociales. Elle les aide au quotidien lors d’un maintien à domicile. Sans cette aide extérieure, cette patientèle serait en institution.

 L’auxiliaire de vie sociale (AVS) apporte son aide aux personnes malades, handicapées ou fragilisées, très dépendantes pour accomplir les actes de la vie ordinaire. Les personnes âgées sont parfois également aidées par leurs enfants, d’autres fois non. En général, l’AVS n’intervient que quelques heures par jour, aux moments nécessaires. Par sa présence régulière, elle apporte soutien et réconfort et favorise le maintien des capacités cognitives et une certaine vie sociale. Ses modalités d’intervention sont décidées au cas par cas, lors de l’élaboration du projet individualisé et en fonction du degré de dépendance de la personne aidée. Plus concrètement, ça veut dire quoi être AVS ?

L’AVS est présente pour faciliter le lever, le coucher, la toilette, les soins d’hygiène (à l’exclusion des soins infirmiers). Elle apporte aussi son soutien au moment de l’appareillage des personnes handicapées.

Au quotidien, elle assure également la préparation et la prise des repas, les travaux ménagers ou encore l’entretien du linge. Elle prend aussi parfois en charge les démarches administratives, les sorties, les courses seule ou accompagnée de la personne, aide les enfants à prendre leurs repas, les conduire à l’école, propose des jeux,des lectures à la personne âgée, etc. Outre ces tâches quotidiennes, elle incite la personne aidée à avoir des activités dans la journée pour éviter de rester isolée. Elle peut même l’accompagner lors de sorties culturelles (visiter des expositions, des musées), pour se promener, rencontrer d’autres personnes (ateliers, salons, clubs, etc.)

Quelles sont leurs conditions de travail ?

L’auxiliaire de vie peut devoir travailler très tôt dans la journée (6 h 30) ou très tard (22 h), ainsi que les week-ends et les jours fériés. Elle travaille au sein d’une équipe pluridisciplinaire et est tenue de respecter les décisions prises par le personnel soignant. La plupart des AVS exercent à temps partiel et sont des femmes.

Pour qui travaillent-elles ?

Les auxiliaires de vie sont en majorité employées par des associations regroupées en fédérations : caisses d’allocations familiales, centres communaux d’action sociale, caisses des mutualités sociales agricoles… ou par des communes. Elles peuvent aussi être employées par des particuliers et payées au moyen du Chèque Emploi Service CESU.

 Quelles sont les qualités requises pour ce métier ?

Cette profession d’aide à domicile requiert de nombreuses qualités, telles que savoir écouter et être observateur.ice, faire preuve de discrétion et de diplomatie. Une AVS aime le relationnel et s’intéresse aux personnes. Elle est indiscutablement autonome, fait preuve de bon sens et sait intervenir en cas d’urgence. Elle doit aussi faire preuve d’une certaine endurance physique (lourde charge de travail au domicile et en nombre d’interventions) et psychologique (personne aidée et/ou famille à écouter, accompagner). Enfin ce travail nécessite de pouvoir être flexible au vu des horaires de travail segmentés.

Que nous ont dit les femmes de ce collectif…

Ces femmes que nous avons rencontrées nous ont parlé des horaires coupés, des salaires dérisoires. Elles sont généralement seules à traverser des situations à domicile complexes et manquent cruellement d’écoute de la part de leurs employeurs. De plus, elles souffrent de ne pas être suffisamment considérées par leurs concitoyen-nes alors qu’elles s’occupent de nos aînés, de nous demain. Elles ont témoigné ne pas s’être inscrites dans une formation continue faute de temps. Parfois, elles utilisent leur propre véhicule pour leurs déplacements professionnels sans compensation, ce qui aggrave encore leur fragilité financière

Sans ces femmes, le maintien à domicile espéré par la plupart d’entre nous serait impossible.

…il y a quelques mois, durant de nombreuses semaines, des personnes placées en institution ont été mise en quarantaine affective…

De quoi ont-elles besoin pour travailler dignement ?

Exerçant une profession de santé auprès des personnes à domicile, elles veulent apporter des soins de qualité technique et un accompagnement humain. Pour pouvoir faire correctement leur travail, elles réclament…

– la redéfinition de leur statut, la reconnaissance d’exercer une profession de santé qui réunit les différentes appellations du service à domicile ;

– un salaire revalorisé de manière significative et qui doit tenir compte de l’ancienneté et des astreintes ;

– la prime COVID pour toutes quel que soit leur employeur ;

– l’établissement d’une convention collective, une seule et unique, dans laquelle seront définis les frais en lien avec les déplacements, les repos et les astreintes.

Nous avons été touchés par leur force de vie, leur volonté d’offrir le meilleur service à leurs patient-es. 

Ensemble prenons soin les uns des autres, pas seulement parce que COVID !

Lettre ouverte : quels engagements pour la santé ?

LETTRE OUVERTE

Aux candidat-es aux élections départementales et régionales des 20 et 27 juin 2021

 Force de réflexions et de propositions sur tous les sujets concernant la vie des habitant.e.s du Haut-Doubs forestier, l’association Haut-Doubs Citoyen Écologique et Solidaire (1) a mené une enquête auprès des actrices et des acteurs du système local de santé.

Alors que leur implication dans la crise sanitaire depuis le début de 2020 était saluée par la population et, semble-t-il, par les élu.e.s et les autorités administratives, laissant entendre que des modifications profondes des moyens d’exercice de leur travail allaient intervenir, le résultat que nous obtenons au terme de cette enquête est un sentiment général de résignation, d’abandon et d’injustice. Beaucoup de nos soignant.e.s sont en souffrance chronique et ont besoin en premier lieu d’écoute pour partager leur vécu et leur ressenti.

Nous estimons leurs revendications légitimes et demandons aux divers.e.s candidat.e.s à l’élection départementale et régionale leurs engagements dans les domaines de compétence de leurs assemblées respectives.

Ci-dessous, les différents points que nous avons listés :

  • Prendre soin des soignants 
    – Amélioration des conditions de travail en augmentant les effectifs hospitaliers pour pouvoir remplacer les absents et diminuer le nombre de patients par soignant.e ; il faut du temps pour prendre soin des autres. 
    – Augmentation des salaires pour les professionnell.e.s les moins qualifié.e.s et mise en place d’une prime frontalière pour diminuer l’attractivité de la Suisse.
    – Simplification de la vie des soignant.e.s autour de l’hôpital en augmentant les possibilités d’accès à l’hôpital (transport collectif, parkings), les modes de garde spécifiques (horaires et places en crèche à proximité du lieu de travail) et l’accès aux logements dans une zone de tension immobilière.
    – La création d’une relation et le temps d’écoute font partie intégrante de l’acte thérapeutique, que ce soit en établissement de santé ou à domicile. À ce titre, il doit être facturé.
  • Formation
    – Accompagnement systématique de toutes les personnes reçues au concours par une aide financière.
    – Augmentation des places de formation à l’IFSI.
    – Accès aux élèves aides-soignant.e.s et auxiliaires de puériculture aux mêmes avantages et aides que les étudiant.e.s infirmier.e.s (tickets restaurant, assistance sociale et suivi psychologique dans la ville d’étude).
    – Prise en charge des frais de déplacement en stage quel que soit le pays du stage (de nombreux stages se font en Suisse).
  • Aides à domicile
    – L’aide à domicile accomplit un travail matériel, moral, sanitaire et social essentiel pour le maintien à domicile : reconnaissance de ce travail multitâches comme une profession de santé à part entière.
    – Valorisation salariale et formation professionnelle.
  • Ruralité et accès aux soins
    Rendre attractif le travail en milieu rural et améliorer l’accès aux soins spécifiques (permanences locales des spécialités les plus demandées).
  • Santé mentale et psychiatrie
    Cette spécialité médicale fait partie des plus sinistrées, la situation actuelle conduit les soignant.e.s à utiliser la chimie et l’isolement au détriment de l’approche humaine dans le lien très particulier qui unit le ou la soignant.e au malade.
    Il y a un manque criant de structures et de moyens.

En conclusion, nous nous permettons de vous rappeler que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) définit la santé comme « un état de complet bien-être physique, mental et social, et qui ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité ».

A ce titre toutes les structures politiques et administratives sont concernées par les questions de santé.

Mesdames et messieurs les candidat.e.s,
nous vous demandons

des engagements sur cette thématique.


L’association HDCES – 9 juin 2021

N’hésitez pas à diffuser cette lettre largement et à la transmettre aux candidats de votre canton et de votre région, afin d’initier un dialogue sur ce sujet fondamental.

Nous partageons ici les réponses que nous avons reçues de plusieurs candidats aux élections départementales et régionales suite à notre interpellation au sujet de leurs engagements sur le thème de la santé.

(Edito du 21 juin : les deux nouvelles réponses qui nous sont parvenues le 18 juin sont à lire en tout début de cet article)

Engagements pour la santé : «Lutte ouvrière »
Claire Rocher – Tête de liste Lutte ouvrière – Faire entendre le camp des travailleurs

Vous nous faites part du résultat de votre enquête auprès des personnes de santé du Haut Doubs et du «sentiment général de résignation, d’abandon et d’injustice» que partagent les personnes interrogées. Étant moi-même infirmière au CHU de Dijon, et de plus, ayant été durant toute cette année en service de réanimation Covid, je connais pour l’avoir vécu avec mes collègues, la catastrophe qu’a été la crise sanitaire. En quelques jours, tout notre quotidien bien encadré et bien ordonnancé a basculé et il a fallu trouver des solutions pour déménager des secteurs, libérer des réserves de matériel pour les aménager en chambres, agrandir les services de réanimation Covid, trouver en urgence des volontaires pour y venir… On s’est aperçu qu’on manquait des respirateurs, de drogues pour endormir les malades et avant tout, de choses aussi basiques que des masques et des blouses. Tout le monde a dû changer de métier, de services, de collègues parce qu’il fallait que tout le monde s’y mette et en quelques jours, il a fallu apprendre les bons gestes, former une équipe, s’organiser. C’est le personnel qui a trouvé les solutions pour faire en sorte que la situation ne soit pas encore pire. Si les choses ont tenu malgré tout, c’est grâce aux trésors d’intelligence pratique, d’initiatives, de dévouement, dont il a fait preuve. Et cela montre bien ce que cela veut dire quand les gens prennent les choses en main. C’est la même chose pour les ouvriers, les caissières, les livreurs, les femmes de ménage, qui ont été travailler, malgré la peur au ventre de tomber malades mais qui ont fait en sorte que la société continue de tourner. Et ce que la crise sanitaire a révélé, c’est que ce sont eux les indispensables. Aujourd’hui, finis les héros! Plus personne n’en parle. Ce n’est pas étonnant car nous vivons dans une société où ceux qui tiennent les manettes de l’économie ne fonctionnent que suivant une seule règle, celle du profit. Tout doit rapporter; même la santé et on le voit bien avec les hôpitaux qui sous la férule des financiers, sont tenus d’être aussi rentables que n’importe quelle usine. Aussi, on peut bien être révoltés et à juste titre par le manque de personnel, ceux qui dirigent n’embaucheront pas. Ils ne l’ont pas fait avant la pandémie, alors que les Urgences ont fait grève pendant un an pour en réclamer et que tous les personnels, quelque soit le secteur de la santé, avertissait de la catastrophe à venir. Ils ne l’ont pas fait entre la 1ère et la 2ème vague, ni avant la 3ème.Et ils ne le feront pas plus à l’avenir. Pas plus qu’ils ne satisferont aux demandes que vous listez (plus de reconnaissance, meilleure attractivité du travail des soignants en milieu rural, augmentation des salaires etc). Ils ne le feront pas car cela ne leur rapportera rien. En effet, c’est la règle du profit immédiat qui dicte toutes les décisions. Ce qui est vrai de la santé l’est tout autant de l’emploi, des transports, de l’éducation, des logements, de la gestion de la nature. Il n’y a pas un aspect de notre vie qui ne soit gangrené par cette frénésie du gain. Tout ce qui est utile à la collectivité passe après. Ce faisant, les possédants et les dirigeants montrent à quel point ils sont irresponsables. Ils mettent des sommes folles dans des opérations financières complètement inutiles du point de vue des intérêts de la population; toutes les richesses, y compris les millions dont les abreuvent les pouvoirs publics, Conseil régional compris, sont drainées vers la spéculation, par un canal ou par un autre. Irresponsables et parasites, voilà ce qu’ils sont. Rien ne pourra les arrêter car c’est le système économique sous lequel nous vivons qui fonctionne sur ces bases-là. Aussi, ma conviction est qu’on ne s’en sortira pas tant qu’on vivra sous un tel régime. Pour les empêcher de nuire, il faudra une force puissante. C’est celle que représente l’ensemble des travailleurs, toutes catégories confondues, ceux qui ont démontré, durant cette année de crise sanitaire qu’ils faisaient tout fonctionner dans la société et qui sont les plus aptes à la diriger collectivement. C’est ce que défend dans cette élection, la liste Lutte ouvrière – Faire entendre le camp des travailleurs que je conduis.

Engagements pour la santé : «Notre Région par coeur »
Equipe de campagne de Marie-Guite Dufay
Nous avons bien reçu votre message où vous nous faites part de votre enquête sur le ressenti des soignants de votre territoire. Nous vous en remercions.
Si nous partageons de nombreux points qui ressortent de votre enquête, notamment en ce qui concerne les conditions de travail et de rémunération des soignants, ils relèvent de la politique mise en œuvre au niveau de l’Etat.
En matière de santé, la seule compétence de la Région porte sur les formations sanitaires et sociales.
Sur ce point, la Région a accru pendant le mandat qui s’achève les capacités de formations des IFSI : par exemple + 30 places d’infirmières en 2020, +75 pour les aides-soignants en 2020 ; + 100 pour les aides-soignants en 2021. La Région accompagne également les étudiants de ce secteur par des bourses et des financements spécifiques pour les demandeurs d’emplois. Elle a mis en place des aides exceptionnelles pour les étudiants impliqués dans les services COVID pendant la crise sanitaire. Enfin, de manière volontariste, la Région accompagne la modernisation des lieux de formation et des équipements utilisés dans ce cadre. Nous souhaitons poursuivre dans cette direction au cours du prochain mandat.
Concernant notre système de santé, bien que la Région n’ait aucune compétence en la matière, des actions sont menées pour contribuer en particulier à une meilleure démographie médicale :
– Soutien aux maisons de santé médicales sur les territoires (120 dans la Région)
– Soutien au développement de l’e-santé lorsque les déplacements ne sont pas indispensables.
– Soutien aux associations d’aide à domicile pour les personnes âgées dépendantes : plus de 6 000 emplois aidé et soutien à la formation des aidants.
– La majorité régionale sortante a par ailleurs pris position contre le Projet Régional de Santé proposé par l’ARS, du fait en particulier de décisions portant préjudices aux territoires, notamment aux hôpitaux de proximité (urgences et maternité en particulier).
L’accès au soin étant une condition essentielle à un aménagement équilibré du territoire, nous souhaitons amplifier au cours du prochain mandat les actions de la Région autour de la démographie médicale (soutien aux équipements locaux, renforcement de la coordination locale des soins, soutien aux collectivités pour attirer des professionnels de santé…).
Nous souhaitons également mener une démarche auprès de l’Etat pour l’ouverture d’une faculté dentaire dans notre Région, car la Bourgogne-Franche-Comté est en dessous de la moyenne nationale en matière de la couverture du territoire par ces professionnels de santé.
Enfin, nous proposons la mise en place d’un offre régionale en matière de complémentaire de santé, afin de construire pour les habitants un offre qualitative et au meilleur coût.


Engagements pour la santé : « Le temps des cerises »
Christophe Gentaz – Psychologue et Tête de liste du temps des cerises dans l’Yonne.

Nous avons lu avec attention l’ensemble de vos revendications et constats. Nous partageons l’intégralité de vos observations concernant les soignants.
La crise sanitaire actuelle nous oblige à repenser nos services de santé et à mieux entendre l’état de souffrance psychique des professionnels.
Les services de santé doivent pouvoir fonctionner avec plus de personnel et de meilleures rémunérations y compris pour les oubliés du Ségur.
De même que le manque de structure ne permet plus d’offrir des soins de qualité y compris dans le champ de la santé mentale nous proposons de créer 50 centres de santé à l’échelle de la région avec des équipes pluridisciplinaires avec des professionnels salariés ainsi que des lieux d’écoute dédiés.
Nous soutenons la mobilisation actuelle des psychologues contre la médicalisation de leurs pratiques et pour soutenir leur liberté thérapeutique. C’est le sens de notre engagement avec la liste du temps des cerises.


Engagements pour la santé : « Union de la Droite » canton de Morteau
Jacqueline CUENOT-STALDER et Denis LEROUX

Nous vous remercions pour votre intérêt et de nous faire part de vos
préoccupations légitimes concernant les acteurs de la santé.
L’investissement du personnel soignant, quels que soit les secteurs, est sans
commune mesure, que ce soit en période normal et encore plus pendant cette crise sanitaire qui a secoué notre pays.
La santé n’est pas une compétence directe du Département du Doubs mais celui-ci intervient dans la promotion de la santé au titre de ses compétences personnes âgées et handicapées, enfance famille, insertion, développement social et médicosocial.
Sur les deux premiers points : Prendre soin des soignants et Formation, le Département n’est pas compétent, il s’agit de la Région Bourgogne–Franche-Comté, de l’ARS et de la fonction publique hospitalière.
Nous sommes en revanche très favorable à l’accès aux logements dans une zone de tension immobilière. Jacqueline CUENOT-STALDER, en charge du logement et de l’habitat, sensibilise d’ailleurs les propriétaires privés pour davantage de loyers modérés accessibles aux non-frontaliers et la création d’un parc de logements sociaux, notamment pour les acteurs de la santé. Des enveloppes budgétaires supplémentaires ont également été allouées en 2020 pour favoriser la création de logements communaux.
Par ailleurs, le Département du Doubs a adopté en 2018 un plan de soutien à l’investissement dans les EHPAD de 12 M€ permettant notamment le financement de nouvelles technologies pour conforter le bien-être des personnes âgées, atténuer les difficultés du personnel et améliorer leur condition de travail (outils connectés, robotique et domotique). Des formations adaptées pour l’utilisation de ces outils sont mises en place.
– Aides à domicile
La mise en place de Contrats d’Objectifs Pluriannuels d’Objectifs et de Moyens (CPOM) avec les structures prestataires et la politique tarifaire envers les services d’aide et d’accompagnement à domicile (SAAD) signataires permet de placer le Département parmi les collectivités les plus volontaristes dans la valorisation des métiers de l’aide à domicile, notamment au regard de la valorisation des obligations de service public (heures majorées, déplacements supérieurs à 5 km). Plusieurs revalorisations des tarifs socles ont eu lieu au cours du mandat, notamment en 2019 et 2021.
Par ailleurs, en juin 2020, en pleine crise sanitaire, les élus de la majorité départementale ont mis en place un plan d’urgence comprenant notamment un volet sur le soutien des acteurs du maintien à domicile pour leur permettre d’assurer un accompagnement de qualité. Après avoir maintenu ses dotations aux services d’aide et d’accompagnement à domicile même si ces derniers ont dû réduire leur activité en raison de la crise, une enveloppe de 1,2 M€/an a été débloquée pour permettre à 10 SAAD l’accès à des véhicules de service pour les professionnels, l’augmentation des temps collectifs et d’analyse de la pratique ainsi que des revalorisations salariales. Ces actions seront pérennisées et l’attractivité des métiers deviendra un axe à part entière des futurs contrats d’objectifs et de moyens à intervenir avec les structures. Enfin, les élus de la majorité départementale, bien avant les annonces du Gouvernement, avaient décidé d’être solidaires et de provisionner une prime exceptionnelle de 1 000 €/ETP pour les structures spécialisées dans l’accueil et la prise en charge des personnes âgées ou handicapées à domicile, qui ont été également en 1ère ligne. Le montant estimé s’est élevé à 1,8 million d’euros.
– Ruralité et accès aux soins
Le Département du Doubs a signé le contrat local de santé unique qui couvre la bande frontalière avec la Suisse, à savoir le Pays du Haut-Doubs et le Pays Horloger, en partenariat avec le Syndicat mixte du Pays du Haut-Doubs, le Pôle d’équilibre territorial et rural (PETR) du Pays Horloger ont décidé d’établir, et l’ARS.
Le Département a été signataire compte tenu de ses compétences en matière d’autonomie des personnes âgées et/ou en situation de handicap, de
protection maternelle et infantile, etc. Mais il faut avant tout une volonté locale, y compris et surtout de la part des acteurs de la santé (médecins…). Néanmoins, au titre de la solidarité territoriale, le Département accompagne financièrement les territoires dans la mise en œuvre de projets locaux destinés à améliorer l’offre de services à la population en matière de santé, comme par exemple la création de Maisons médicales sous maîtrise d’ouvrage publique. Un exemple récent : le Département du Doubs a versé 66 030 € en février 2021 pour la création d’une Maison des soignants à Morteau, destinée aux professionnels de santé. En outre, le déploiement massif de la Fibre optique dans les zones rurales du Doubs, volonté et chantier phare du Département du Doubs portés par Denis LEROUX, va permettre d’apporter une réponse aux déserts médicaux avec la télémédecine.
– Santé mentale et psychiatrie
La santé mentale est en effet une préoccupation de santé publique importante, mais aussi, plus globalement, des services sociaux et médico-sociaux. Afin d’outiller les professionnels en dispositifs adaptés et pertinents, le Département a conduit en 2019 un état des lieux global de l’existant et des besoins en matière de santé et de santé mentale. Ce diagnostic, réalisé en partie en lien avec l’Agence régionale de Santé a conduit notamment à la définition, en lien avec l’Etat et l’ARS, d’un projet de couverture totale du territoire départemental en « cellules de cas complexes ». Le projet qui a été retenu est porté par le centre hospitalier (CH) de Novillars, travaillé en amont par les services du Département et l’Agence régionale de Santé. Deux cellules rurales ont été créées en 2020, sur les territoires du Haut Doubs (Pontarlier, Mouthe, Levier, Morteau, Maîche, Valdahon) et du Doubs central (Pont de Roide, Sancey, Baume les Dames, Isle sur le Doubs) dans l’objectif d’aider les professionnels confrontés à une problématique d’accompagnement incluant une dimension psychique. Ces cellules ont vocation à animer un temps de travail où sont mises en commun les compétences, expériences et analyses entre les différents intervenants dans le parcours de soin, du social, du médico-social. Ces cellules travaillent sur 3 axes : améliorer la visibilité des dispositifs existants sur chacun des territoires – créer des rencontres pour échanger et réfléchir sur les questions de souffrance psychique, partager les expériences entre le secteur sanitaire et social – apporter une méthode de traitement des cas graduée sur 3 niveaux selon la complexité du dossier. Par ailleurs, la santé est un élément de l’inclusion sociale et de l’insertion professionnelle. Les actions de prévention «santé » sont ciblées sur la lutte contre les addictions et la santé mentale. A ce titre le Département subventionne plusieurs associations : Association de Lutte contre la Toxicomanie de l’Aire Urbaine, l’Association Nationale de Prévention en Alcoologie et Addictologie 25, le Centre de Soins, d’Accompagnement et de Prévention en Addictologie, le CCAS de Besançon pour le conseil local en santé mentale, les Invités au Festin (accueil de personnes souffrant de pathologies psychiques notamment sur les territoires de Maîche et Morteau depuis 2018)…
Enfin, au titre de sa compétence sur l’enfance, le Département travaille d’ores et déjà sur l’accompagnement psychologique de jeunes enfants et l’accompagnement de familles en difficulté en apportant un soutien financier à des associations et structures spécialisées : le Point d’Accueil Ecoute Jeunes (PAEJ) de Pontarlier, l’ASEA NFC et l’association La Marelle, la Maison verte de Besançon et l’Association hospitalière de Bourgogne Franche-Comté (AHBFC), la Maison de l’adolescent du centre hospitalier de Novillars (actions en direction des adolescents : Paroles en tête, RES’ADO notamment à Morteau), l’Antenne Petite Enfance avec la création d’un service oreille dans le Haut-Doubs en 2021… Cependant, en juin 2020, dans le cadre de son plan d’urgence, les élus du Département ont souhaité renforcer l’accompagnement psychologique à destination des enfants. En effet, le confinement a provoqué une onde de choc dans de nombreux foyers, avec – chez un certain nombre de jeunes – un besoin d’aide pour surmonter de nouveaux traumatismes. La collectivité départementale a souhaité mobiliser ses partenaires au titre de la médiation familiale ou de l’accompagnement psychologique. Un soutien financier exceptionnel a notamment été apporté à l’association « La Marelle » présente à Besançon et Pontarlier pour renforcer les dispositifs existants.

Soyez assurés, Mesdames et Messieurs membres du collectif Haut-Doubs Citoyen Écologique et Solidaire, de continuer notre mobilisation sur ces sujets majeurs. Nous vous proposons de venir échanger à notre permanence de campagne située au 21 Grande Rue à Morteau. En espérant vous rencontrer prochainement


Engagements pour la santé : Écologistes & Solidaires
François Mandil pour Stéphanie Modde
Bonjour et merci beaucoup pour votre interpellation, Vous vous en doutez, nous sommes très heureux de pouvoir vous répondre et nous partageons l’essentiel de vos positions. A titre personnel, en tant que coordinateur de campagne mais surtout en tant qu’ancien élu municipal à Pontarlier, j’en suis d’autant plus heureux et j’en profite pour saluer votre engagement. Vos propositions rejoignent celles de notre programme.
Pour compléter, il nous semble important d’améliorer l’attractivité pour permettre de lutter contre la désertification : meilleures conditions de travail (ratio soignant-soigné, management bienveillant, formation) pour l’hôpital et le domicile. Il ne peut pas non plus y avoir de qualité des soins sans ratio soignant-soigné correct, à l’hôpital, en EHPAD, ou encore à domicile.
Nous considérons par ailleurs que le Ségur de la santé est un premier effort mais nous déplorons qu’une partie du secteur social et médico-social en soit exclu. Enfin, n’oublions pas le secteur libéral, lequel a notamment permis à l’hôpital de tenir en assurant des prises en charges au domicile efficaces. Il faut soutenir la création de maisons de santé, de CPTS (Communauté Professionnelles Territoriales de Santé), les hôpitaux locaux.
Nous souhaitons pouvoir sortir du modèle médico-hospitalier-curatif pour développer l’interprofessionnel-de ville-préventif. Vous trouverez l’ensemble de nos propositions sur notre site de campagne : https://ecologistesetsolidaires.fr


Engagements pour la santé : « Le Doubs social, écologique et solidaire » canton de Pontarlier
Xavier Moyse et Karine Grosjean
Merci d’avoir bien voulu partager le fruit de vos travaux sur les questions de santé.
C’est évidemment un sujet qui nous mobilise dans le cadre des élections
départementales ne serait-ce que parce qu’il préoccupe beaucoup de nos
concitoyens, c’est en tous cas le sens des remarques qu’ils nous font.
Le malaise qui touche la profession de soignant, tant à l’hôpital que dans le privé ou les structures d’aide à domicile, provient de causes multifactorielles que vous avez su lister et auxquelles vous apportez des solutions. Le caractère particulier de notre territoire géographique, avec la proximité de la Suisse, vient exacerber ces difficultés que la profession rencontre sur l’ensemble du territoire français. Il y a deux points en particulier sur lesquels nous avons voulu prendre un engagement fort (parce qu’ils touchent au cœur des compétences du département)
– La reconnaissance et la valorisation du métier d’aide à domicile : « faire du
département du Doubs un département pilote dans la reconnaissance
comme métier de la santé des aides à domicile car leur métier ne se limite pas à une aide-ménagère mais relève du soin relationnel et de l’accompagnement de nos aînés et des personnes en situation de handicap. La place de cette profession invisible, et pourtant essentielle, doit être revalorisée tant au niveau salarial que par la formation. Le département peut et doit accompagner cette mutation par exemple en créant des relais assistants à domicile, sur le modèle des relais assistants maternels. »
– L’accès aux soins pour tous les territoires y compris ruraux : « assurer l’égalité et la cohérence territoriale, en veillant à une juste répartition des services publics sur le territoire afin de répondre aux besoins sociaux (santé incluse), associatifs, culturels et économiques »
En espérant avoir répondu à vos attentes et restant à votre disposition pour
continuer à échanger.